October 15, 20201
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Les tiers-lieux
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Introduction - Quand les tiers-lieux réinventent le vivre ensemble

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Il y a sans doute autant de définitions que de modèles et d’usages de ces espaces appelés tiers-lieux. Le terme, traduit de l’anglais « The Third Place », doit s’entendre comme « le troisième lieu » dans notre environnement social ; le premier lieu étant la maison, le second le travail. S’il existe une multitude de définitions, c’est que le tiers-lieu a pour caractéristiques d’être hybride et multiforme, synonyme de diversité, de créativité, d’initiatives collectives. Chaque lieu possède sa spécificité, son fonctionnement et sa communauté propres. Il a pour vocation de rassembler, de créer du lien, d’être un espace de partage entre des acteurs aux parcours et projets variés. Cette variété et cette mixité précisément, constituent tout l’intérêt et la richesse de ces dispositifs.
 
Impulsé par l’essor du numérique, le concept a émergé il y a quelques années dans le secteur professionnel (Espaces de coworking, campus connectés, fablabs, ateliers partagés, etc.) pour s’étendre ensuite à d’autres champs, à de nouveaux services d’intérêt général et de nouvelles activités de toutes sortes (ressourceries, recycleries, cafés ou restaurants solidaires, médiation numérique, ateliers divers, etc.). Le gouvernement l’a bien compris, encourage ces initiatives, tout particulièrement lorsqu’elles sont liées au numérique, conscient de leur capacité à générer de nouveaux revenus, à créer du lien social et de nouvelles dynamiques sur les territoires. L’Etat a notamment lancé un appel à manifestation d’intérêt permanent pour identifier, d’ici à 2022, 300 fabriques dont 350 seront implantées dans des quartiers prioritaires de la Ville (QVP).
 
La Croix-Rouge française n’échappe pas à la tendance. Les premières expérimentations ont été lancées en mars 2018 sur des territoires ruraux et semi-urbains, à l’initiative de la mission ruralité de la direction des activités bénévoles et de l’engagement et en coordination avec la direction déléguée à la stratégie et à l’innovation. La Coopérative des tiers-lieux accompagne aujourd’hui l’association dans cette démarche.
 
Dès l’origine, la Croix-Rouge française a souhaité travailler sur une acception large du tiers-lieu, et non pas uniquement sur les espaces dédiés au secteur tertiaire. Elle a posé comme préalable la création d’espaces ouverts à tous, favorisant la mixité sociale, la rencontre entre des publics d’ordinaire séparés, autour d’activités pérennes ou ponctuelles. Elle a souhaité bâtir des espaces collaboratifs, où domine la logique du pair à pair, de la co-construction, de l’intergénérationnel. Chaque usager est en effet considéré comme un contributeur au projet, quel que soit son statut social ou son âge.
 
Les tiers-lieux de la Croix-Rouge française s’inscrivent dans une volonté de maximiser son impact social sur les territoires, en particulier dans des zones rurales où l’isolement social menace. Ces dispositifs visent ainsi à redynamiser le réseau des unités locales, à accroître leur attractivité, à renforcer l’ancrage territorial de la Croix-Rouge française et la dynamique partenariale sur les territoires.
 
Les établissements ne sont pas en reste, invités à repenser leurs modes d’accompagnement des personnes, à décloisonner les métiers du social, du sanitaire, du médico-social pour mieux répondre aux attentes des publics accompagnés et être en phase avec la stratégie de transformation de l’association. Mixer les activités bénévoles et salariées, faire des usagers des acteurs de leur propre parcours… Tout cela va dans le même sens : il s’agit de raisonner en termes de communautés d’acteurs, de s’ouvrir aux autres, de co-construire. Les tiers-lieux réinventent en quelque sorte un « vivre ensemble » qui s’est délité au fil du temps et qui pourtant est essentiel à l’humanité.